Le Monde Du Fleuve
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Le Monde Du Fleuve

S'il y avait quelque chose après la mort.. Quelque chose de tout à fait différent de tout ce qu'on a pu imaginer...
 
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 The Show Must Go On

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Mary Read
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MessageSujet: The Show Must Go On   The Show Must Go On Icon_minitimeSam 26 Mai - 19:17

"J'te maudis! Attends un peu d'recroiser mon ch'min! J'te tuerais! J'te f'rais bouffer tes entrailles! J'te vid'rais comme un poisson et j'te regard'rais mourir! Et j'rirais! J'te f'rais brûler à p'tit feu et j'dans'rais sur tes cendres! J'coppul'rais sur ta tombe!"


Cela faisait déjà plusieurs heures que la femme hurlait ainsi, les insultant dans une langue qui leur était inconnue. Le language de ce genre de moments était universel. Il aurait fallu être un idiot congénital pour ne pas comprendre que le sacrifice était en train de leur promettre mille châtiments. Et les sanghonawah n'étaient pas des idiots. Ils étaient même très intelligents, ils avaient été assez intelligents pour survivre durant des générations et des générations dans une région où les guerres sévissaient. Ils avaient réussi à ne jamais devenir esclaves, à ne jamais se faire massacrer. Mais c'était avant, c'était avant le Fleuve Magique. C'était avant La Vie Eternelle. Maintenant, ils pouvaient vivre à leur plaisir. Ils avaient atteint le Angananmahzah. Le Paradis, la Terre Promise. Alors pourquoi continuaient-ils à honorer leurs Dieux, comme avant leur Resurrection? Tout simplement pour les remercier. Les Remercier pour cette vie simple. Pour cette nourriture que les Totems leur apportaient tous les jours. Pour ces combats auxquels ils pouvaient participer régulièrement, comme celui qui venait de sévire. L'étrange batiment de bois qui flottait sur l'eau leur avait amené des combattants hors pairs.. Les plus forts étaient évidemment les deux sacrifiés. Les sanghonawah respectaient les deux sacrifiés. Ils leur avaient fait l'honneur de les sacrifier après tout! De les remettre aux Dieux! Et les insultes que leur jetait depuis plusieurs heures la Sacrifiée ne les vexaient pas! Au contraire, cela prouvait qu'ils avaient bien fait de la choisir pour le Sacrifice Ultime. Elle combattait même quand elle n'avait plus aucune chance. Même quand son compagnon, gisait à ses pieds, éventré.

"J'vous tuerais tous! J'reviendrai ici et j'vous massacrerai! Mais toi, toi t'auras ta p'tite fête bien spéciale espèce de.." elle cracha le peu de salive qu'il lui restait sur le chaman de la tribu qui ne bougea pas, même pas pour s'essuyer. "Toi tu vas souffrir. Oh oui! Et après ça, j'peux t'dire que la mort t'sembl'ra un cadeau! Tu l'attend'ras! Et tu rêv'ras à elle! Mais j'te laiss'rai pas mourir! Ca non! J'te nourrirais juste asssez pour qu'tu vives! J'te laiss'rais récupérer.. Et ensuite, on continuera. On s'amus'ra bien tout les deux! Tu v'rras!"

La voix de la Sacrifiée faisait beaucoup d'effet aux sanghonawah. Ils étaient étonnés par la profondeur de son timbre et sa testiture grave. Chez eux, les femmes criaient avec de petites voix aigues et hautes perchées. Cette femme là avait une voix très différente. Une voix qui aurait pu être masculine si elle n'avait pas été si tendre et si gracieuse. Une voix claire et grave. Une voix qui leur donnait l'impression de ne jamais s'essouffler, alors même qu'il ne devait lui rester que quelques minutes de vie. Ils n'auraient pas pu rêver mieux pour un Sacrifice. Ah ça, les Dieux seraient heureux!

"J'vous tuerai! Tous! J'vous déteste! J'vous chasserai! Vous n'vivrez plus heureux ici !"






Elle sentait le soleil commencer à percer derrière ce qu'elle pouvait imaginer comme étant des montagnes. Le soleil était encore bas mais un rayon venait se poser sur ses yeux, faisant briller une belle clarté derrière ses paupières fermées. Elle mit plusieurs secondes à analyser cette sensation. Elle mit plusieurs secondes de plus à comprendre que ce qu'elle sentait, sous son dos, ses jambes et ses bras, c'étaient des galets. Il n'y avait pas de galets à la dernière région où ils avaient accosté.. En fait, cela faisait plusieurs semaines qu'elle n'avait pas vu de plages de galets.. Petit à petit, sa conscience émergea, doucement. Elle comprit ce qui se passait, pour sa plus grande horreur. Elle avait donc fini par mourir! Ils avaient fini par l'avoir! Elle se souvenait juste avoir crié pendant des heures, avoir senti le sang s'écouler de ses bras et de sa nuque, petit à petit.. Elle se souvenait de Dick.. Dick qui était.. A ses pieds, éventré.. Il avait eu au moins la chance de mourir tout de suite. Mais était-ce vraiment une chance? Non, Mary n'était pas du genre à penser comme ça. Mourir n'était pas une chance, surtout pas quand ça risquait de.. Les séparer! Est-ce qu'il était à ses côtés?? Après tout, ils étaient morts au même endroit! Peut-être venait-il lui aussi de se réveiller, juste à côté d'elle!

Une vague d'espoir la submergea. Un espoir fou, inconsidéré. Si elle avait été un tant soit peu rationnelle, elle aurait su qu'il était impossible que Dick soit à ses côtés.. Mais elle n'était pas rationnelle. Elle ne l'avait jamais été. Particulièrement quand ça touchait à Anne ou à Dick. Elle essaya d'ouvrir les yeux mais les forces lui manquaient encore. Elle savait, d'expérience, que ça allait passer. Dans une minute ou deux, elle serait en pleine forme. Elle essaya de tourner la tête, elle n'y arriva pas plus. Elle se sentait aussi lourde qu'une pierre. C'était tellement frustant! Elle voulait savoir s'il était là, à côté d'elle! Il ne pouvait pas ne pas être là, ça n'était pas concevable! Il fallait qu'il soit là! Pendant toutes ces années, elle n'avait jamais retrouvé Anne.. Et maintenant, si elle avait perdu Dick aussi... Non! Il ne fallait pas penser comme ça! Il était forcément à côté... Sauf qu'elle ne sentait pas sa présence. Elle sentait toujours les présences. Elle savait quand quelqu'un approchait. Elle savait quand quelqu'un était là, n'importe qui. Personne n'échappait à sa vigilance.. Mais surtout, elle savait quand Anne ou Dick étaient à ses côtés. Elle savait même quand ils allaient arriver.. Et là, il n'y avait rien. Elle ne sentait rien. Rien du tout. Il n'y avait personne. Il n'y avait qu'elle. Elle, terriblement seule, incapable d'ouvrir les yeux pour laisser passer les larmes qui commençaient déjà à couler. Elle n'avait pas honte de pleurer. Si quelqu'un venait lui dire quoi que ce soit à ce sujet, elle saurait lui faire ravaler ses paroles, sa langue aussi très certainement. Mais elle n'avait pas honte, pleurer n'était pas quelque chose de lâche. C'était quelque chose de normal, surtout quand on perdait tout espoir de revoir les personnes les plus chères au monde.

Soudain, elle sentit les forces affluer. Elle ouvrit les yeux, droit vers le ciel. Elle n'osait pas regarder autour d'elle. Elle se fichait de savoir où elle était. Elle se fichait de savoir qui pouvait habiter la région. Il n'y avait pas Dick, elle le savait, elle en était sûre, certaine. Il n'était pas là. Il n'était plus là. Plus jamais. Elle cligna plusieurs fois des paupières, le temps que ses yeux s'habituent à la lumière de l'aube. Il fallait qu'elle se lève, elle était trop proche du Champignon, dont elle sentait le métal toucher son bras, et quand il se mettrat à crépiter elle finirait rôtie comme une poularde si elle ne s'éloignait pas un peu.. Et l'heure des champignons approchait. Brusquement, elle se releva, bondissant d'une façon aussi agile qu'un chat. Sans plus regarder autour d'elle, elle récupéra la gamelle qui était apparue à côté de l'endroit où elle s'était réveillée et la fixa dans un des trous des champignons. Bientôt, les gens allaient sûrement arriver, il était rare que personne ne vienne chercher à manger sur un champignon.

Elle fit trois pas en arrière et baissa les yeux vers ses jambes. Ah ben oui.. Ces horribles tuniques en lin beige.. Et ce pantalon. Quelle horreur! C'était encore plus moche que les tenues de pauvres de son époque! La première chose à faire était de trouver un pantalon en cuir.. Enfin non. Elle tira avec force sur une de ses manches et l'arracha, laissant apparaître un long bras musclé. Elle tira sur l'autre manche et fit apparaître un second bras identique. Elle tira finalement sur le col de la tunique et créa un décolleté, pas tout à fait symétrique qui descendait jusqu'à la base de ses seins, mettant bien plus en valeur sa féminité. Finalement, elle créa un accro dans le bas de la tunique et enleva un bandeau assez large, raccourcissant son haut jusqu'au haut du nombril. Voilà, ça c'était plus pratique. Soudain, elle s'arrêta. Elle sentait une présence, quelqu'un approchait! Sur ses gardes, elle se baissa et prit le plus gros galet qu'elle trouvait.. Si la personne qui arrivait comptait faire d'elle une esclave, ou abuser de sa personne, elle en serait pour ses frais..


[Serenity?]
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MessageSujet: Re: The Show Must Go On   The Show Must Go On Icon_minitimeDim 27 Mai - 8:04

[J'arrive !]


En effet, quelqu’un venait. Et l’espèce de sixième sens qu’avait développé la pirate n’était désormais plus nécessaire pour s’en rendre compte. On pouvait entendre, avec une excellente ouïe, quelques sons, qui trahissaient la venue de cette personne : des bruits de pas, le bruissement des feuilles que l’on pousse pour se frayer un passage, le craquement des brindilles sous le pas. Et comme la plage de galets était déserte il n’y avait plus aucun doute possible, l’individu qui approchait surgirait de la forêt. Mais pour le moment, Serenity, car il s’agissait d’elle, demeurait invisible, dissimulée du soleil par les frondaisons, du regard perçant de la nouvellement ressuscitée par les troncs épais des arbres. Pourtant, malgré ce que l’on pouvait penser, elle ne se cachait pas. Ce n’était déjà pas tellement son genre en temps normal, et aujourd’hui n’était pas une journée si normale que ça, puisque le Conseil du village l’avait chargée d’accueillir la personne qui s’était réveillée aux côtés d’un des champignons proches du village. Cela n’avait rien de si extraordinaire, Serenity était souvent désignée pour ces missions de bienvenue, son mélange de dynamisme et de douceur étant idéal pour cette tâche. Et puis, si le nouveau venu se révélait violent ou fou, dangereux, elle pouvait sans trop de mal le contenir un moment ou, le cas échéant, courir prévenir le village. Mais ce jour n’était encore jamais arrivé. Et ce que Serenity ne savait pas était que ce dicton très célèbre : "Il y a un début à tout" était peut-être en passe de se réaliser.

Cependant, la jeune femme ne s’en préoccupait pas trop, très occupée par sa cueillette. Elle ne récoltait pas seulement ces fruits à cause de la personne qu’elle devait accueillir, c’était une habitude qu’elle avait prise depuis son arrivée ici. Tous les matins, avant d’aller chercher son petit-déjeuner sur un champignon, elle prenait quelques fruits dans la forêt, pour agrémenter son repas. Et aujourd’hui ne faisait pas exception à la règle, elle devait d’ailleurs en ramasser beaucoup plus, car il serait deux à en manger, si la Ressuscitée en voudrait bien sûr. Mais généralement ils en prenaient, les Ressuscités. Elle se présentait, leur disait qu’ils se trouvaient dans une partie pacifique du Fleuve, que personne ne leur ferait de mal et tout un tas d’autres paroles réconfortantes. Ils se détendaient un peu, se présentaient parfois et la jeune femme leur tendait alors son panier garni de fruits frais, qu’ils prenaient, habituellement. Cependant, là encore, il y avait peu de chance que la pirate agisse ainsi, et il semblait plus probable qu’elle lui lance son lourd galet dessus. Serenity était plutôt douée pour esquiver ce qui lui arrivait dessus - si l’on ne comptait pas la voiture qui l’avait tuée - heureusement pour elle. Elle pourrait en avoir besoin.

Lorsque la jeune femme considéra son panier assez rempli, elle se dirigea vers le champignon que lui avait indiqué le Conseil. Ce qui était plutôt difficile, dans cette forêt étouffante. Mais après trois années de pratique, la jeune femme était désormais capable de s’y repérer, même sans le soleil pour lui indiquer la direction. Il lui était inutile, puisqu’elle se dirigeait en fonction de l’inclinaison du sol. Lorsqu’elle sentait sous ses pieds qu’il montait, elle savait qu’elle s’enfonçait dans la forêt, et il lui suffisait alors de redescendre pour déboucher sur la plage. Il ne lui fallait plus que quelques minutes pour atteindre son but. Elle savait qu’elle était proche, même si il était difficile de reconnaître quoique ce soit dans cette obscurité. Mais cette région lui était familière, signe indéniable qu’elle approchait de la plage : Serenity ne pénétrait jamais très profondément dans ce bois gigantesque, c’était à la lisière qu’elle passait le plus clair de son temps. Et sur une distance d’environ deux kilomètres de chaque côté du village, toute la bordure lui était connue. Mais il y avait aussi le problème de savoir quel était le bon champignon. Car d’une part, ils se ressemblaient tous comme deux gouttes d’au, et de l’autre, ils étaient très nombreux, et cela ne facilitait vraiment pas le repérage. Et c’était une difficulté à laquelle elle n’avait pas vraiment trouvé de solution. Elle avait bien essayé de les marquer, ou de leur donner un numéro mais il y avait toujours quelqu’un, ou même simplement la pluie, pour les effacer et on ne pouvait jamais savoir quel était le numéro d’un champignon lorsque l’on sortait de la forêt. Alors elle avait tenté de les reconnaître à ce qui les entouraient, mais les champignons étaient bien trop proches pour qu’il y ait des différences significatives. Après de nombreuses autres tentatives, Serenity avait, à contrecœur, abandonné, et elle ne savait toujours différencier un champignon d’un autre.

Et pourtant ce jour-là, elle déboucha sur le bon champignon. Elle écartait les dernières branches qui lui obstruaient le passage lorsqu’elle aperçu "sa" Ressuscitée. Des vêtements de lin reconnaissables entre tous, même customisés, une gamelle remplie posée à ses côtés, cette attitude plus agressive que défensive, non, il n’y avait aucun doute possible, c’était bien elle. Malheureusement, aurait-elle pu penser, mais ce n’était pas dans le style de Serenity de juger les gens sans les connaître, surtout ceux qui venaient de mourir. Mais il fallait à tout prix détendre la situation, ou il se pourrait qu’elle devienne la cible de ce gros galet menaçant que tenait encore la pirate, et c’était la dernière de ses envies. Mais elle n’était pas effrayée. Elle pourrait éviter toute violence, tout danger si elle trouvait les bons mots, ou les bons gestes. Mais encore fallait-il les trouver. Et elle ne les avait justement pas encore découverts. Une chose était pourtant claire pour elle, il fallait absolument éviter de lui dire de lâcher son galet, de manière directe du moins, car elle risquerait de le ressentir comme un ordre.

"J’te veux pas de mal. Et même si c’était le cas, t’as tous les galets de la plage à ta disposition alors que j’ai qu’un panier de fruits."


Avec un ton différent, cela aurait pu ressembler à une raillerie. Mais Serenity n’avait jamais été capable de plaisanter, et elle ne commencerait sûrement pas dans une situation pareille. Une plaisanterie ne détendrait de toute façon pas l’atmosphère tendue qui s’était établie, et la jeune femme avait pris un ton était sérieux, grave, qui tirait sur le solennel, poussait à la confiance. Elle se doutait que ces quelques paroles ne suffiraient pas à relâcher la tension, mais c’était déjà un début. Bon ou mauvais, seule la réaction de la pirate le lui dirait.

"J’suis Serenity. J’viens d’un village un peu plus loin."
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Mary Read
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MessageSujet: Re: The Show Must Go On   The Show Must Go On Icon_minitimeMar 29 Mai - 20:36

La personne qui déboucha des bois était une femme. Une brunette aux tâches de rousseur plutôt appétissantes. Mais surtout, c'était une femme qui n'avait pas l'air aggressive pour un sou. Et Mary avait un instinct assez fiable, en général, la première impression qu'elle avait était la bonne.. Même s'il lui arrivait évidemment de se tromper. C'est par pure précaution qu'elle garda le galet dans sa main, après tout, la jeune femme au panier lui semblait au moins aussi inoffensive que.. un bébé chat? Oui mais les chatons si mignons devenaient vite de gros matous aux griffes acérées. Oui, il vallait mieux garder son galet, juste le temps de s'assurer que cette femme qui semblait sympathique l'était bien. Elle avait été capturée deux fois sur les rives de ce Fleuve, et ça n'avait jamais été agréable, elle tenait à garder sa liberté, ce qu'elle avait de plus cher depuis sa naissance, ou plutôt depuis le jour où elle avait quitté la maison familialle afin de vivre sa propre vie, comme elle l'entendait.

Elle vit avec plaisir Serenity prendre ses précautions pour lui parler. Ah c'était tellement bon d'être respectée et crainte! Oh elle n'était pas crainte ici pour les bonnes raisons mais ça ne faisait rien, c'était toujours agréable. Elle aimait voir cette femme choisir ses mots afin de la prendre comme il le fallait. Mais Serenity n'avait pas autant d'efforts à faire.. Mary n'était pas là pour massacrer. Déjà, toute seule, elle était bien plus calme que lorsqu'elle avait un équipage sous ses ordres. Et puis, l'arrivée de la jeune femme lui avait permis de tourner le regard vers quelque chose de magnifique, exactement ce qu'il lui fallait.. Une forêt! Une grande forêt! Une forêt grâce à laquelle elle trouverait toute la matière première dont elle pourrait avoir besoin pour construire son bateau. Le Revenge, le Anne.. Et maintenant quoi? Comment l'appellerait-elle? Le Dick? Non, ça serait trop drôle et trop attendu.. Elle trouverait bien un nom en temps venu.. Elle avait le temps, l'éternité devant elle. Et quand elle avait un but, elle savait être patiente, autant qu'il le fallait, comme un fauve pouvant rester des heures immobile avant d'attaquer.

"Ouais.." répondit-elle en étirant ses lèvres dans un sourire qui laissait apparaître ses dents, dont les deux canines supérieures étaient un peu plus pointues que ce qu'elles auraient du. "Mais toi aussi t'as les galets... Et j'sais pas si ton panier cach pas un poignard..."

Elle avait dit ça d'un ton presque badin. C'était tout à fait vrai. Okay, là, elle avait un galet à la main et savait assez bien s'en servir pour pouvoir fracasser le crâne de la brunette si elle tentait quoi que ce soit.. Mais la brunette était elle aussi proche des galets et avait peut-être une arme cachée... Mais Mary n'y croyait pas vraiment. Elle croyait plus en ses instincts qu'en n'importe quoi d'autre. Comme pour contredire ses paroles, elle balança derrière elle le gros galet. En fait, elle ne se contredisait pas vraiment, elle avait dit ce qu'elle avait dit pour bien montrer, quand elle lâcherait le galet, qu'elle acceptait de se mettre en danger potentiel par confiance. Bon, la confiance était pour son instinct, et pas pour les paroles de l'inconnue mais ça ne changeait rien.

"Mary Read."

Elle s'était présentée avec un petit sourire ironique. Elle avait découvert en cinq ans que les gens qui avaient vécu dans des époques postérieures à la sienne la connaissaient bien souvent. Il faut dire qu'il n'y avait eu que deux femmes pirates dans l'histoire de la piraterie, et qu'elles faisaient partie des plus grands.. Au XXème siècle, les gens apprenaient carrément leur histoire, un peu éronnée à certains niveaux d'après ce qu'elle en savait, en cours, surtout les anglophones. Elle se demanda rapidement si Serenity avait entendu parler d'elle ou non, c'était en général assez drôle à voir quand on la reconnaissait.

"Quel village?"
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MessageSujet: Re: The Show Must Go On   The Show Must Go On Icon_minitimeDim 3 Juin - 16:43

[Désolée pour le délai ! Pour me faire pardonner, j'suis la première à jouer au jeu des mots.]


Mary n’avait pas lâché son galet. Pourtant, Serenity était désormais plus calme, car on pouvait sentir dans l’attitude de la pirate qu’elle ne lancerait probablement rien à la jeune femme. Heureusement d’ailleurs, la jeune femme n’aurait eu pour riposter qu’une poignée de myrtilles et quelques pommes qui ne suffiraient pas à neutraliser la Ressuscitée si jamais elle la menaçait. Quoiqu’il en soit, il semblait qu’elle n’allait ni l’attaquer ni s’enfuir, et, même si elle refusait de se l’avouer, elle sentait que ses paroles n’y était pas pour grand chose. Celles de Mary en revanche étaient précises et claires, et même si elles ne nécessitaient aucune réponse, Serenity ne put s’abstenir d’ouvrir la bouche à nouveau. Elle aimait parler tout simplement.

"Alors prends mon panier. Comme ça j’serais définitivement plus une menace. C’est que des fruits et je comptais t’en donner une partie de toute façon. D’habitude j’tombe plutôt sur des enfants, et pour avoir leur confiance, rien de tel que de leur donner quelque chose."

Les dires de Serenity n’avaient pas beaucoup d’utilité, comme les précédents d’ailleurs, puisque la pirate avait renvoyé son galet parmi ses semblables. Elle pouvait facilement en reprendre un bien sûr, ils ne manquaient pas sur la plage, mais le fait qu’elle se soit débarrassé de sa pierre montrait qu’elle n’en reprendrait pas une à moins d’être menacée, que Mary lui faisait confiance. Et généralement, on ne fouille pas dans les paniers des gens à qui l’on se fie en quête d’arme cachée. Serenity fit quelques pas en sa direction et lui tendit tout de même le panier. Après tout, elle pouvait toujours prendre les fruits.

Serenity s’était déjà présentée, et vu la relative confiance que lui accordait son interlocutrice, elle s’attendait à ce qu’elle fasse la même chose. Ce qu’elle fit justement sans plus attendre. Et comme elle s’y attendait, son nom n’était pas étranger aux oreilles de Serenity. Oh bien sûr, ce nom avait dû être porté par beaucoup de jeunes filles et on ne pouvait que difficilement savoir si la jeune femme était vraiment la Mary Read qu’elle connaissait, la pirate. Mais il suffisait de regarder la jeune femme pour être convaincu qu’elle était effectivement la Mary Read qui avait sillonné les mers du XVIII ème siècle. Son allure, son attitude ne trompaient pas, et le petit sourire qui était venu agrémenter ses paroles ne faisait que renforcer cette certitude. Cependant, savoir qu’elle se trouvait en présence de l’une des deux plus grandes femmes pirates de toute l’Histoire ne la troublait pas tant qu’on aurait pu le penser. A vrai dire, Serenity ne se préoccupait plus de savoir ce que quelqu’un avait fait se sa vie, il n’y avait plus que le présent qui comptait pour elle. Cela ne l’empêchait néanmoins pas d’éprouver une certaine estime pour Mary qui avait été l’une des seules et des plus grandes dans son domaine. Rien d’extraordinaire cependant.

"C’est un village, à un ou deux kilomètres de là. Suffit de suivre le courant. Ou on peut passer par la forêt, c’est toi qui vois."
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Mary Read
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MessageSujet: Re: The Show Must Go On   The Show Must Go On Icon_minitimeVen 8 Juin - 12:25

[No problemo, niveau délai j'ai pas grand chose à dire ^^]


Au lieu de fouiller dans le panier en quête d'arme cachée, Mary se contenta de prendre une poignée de myrtilles et de les manger tranquillement. Le soleil allait se lever, et sa gamelle, toujours sur le champignon le plus proche, allait être remplie.. Mais Mary n'avait pas forcément envie de manger tout de suite. Elle aurait sûrement dû avoir très faim, vu qu'elle venait de rescussiter et que son estomac était vide, mais Mary était quelqu'un qui n'était pas du genre à céder à ses envies si ça n'était pas le moment. Et là, le moment était plutôt à se renseigner sur le village, pour savoir si elle y serait la bienvenue et si leur vie lui convenait, et sur les bois. Elle voulait savoir si chacun était libre de prendre le bois qu'il voulait, elle voulait savoir si elle pourrait construire son bateau et s'il y aurait quelqu'un pour l'aider.. Elle n'avait jamais construit de bateau mais elle connaissait assez bien les engins sur lequels elle avait voyagé pour le faire. En plus, il devait bien y avoir quelqu'un qui s'y connaissait un minimum dans la région, suffirait de le trouver et de lui demander conseil..

"Mhh.. Les bois, je préfère par les bois." répondit-elle, après avoir fait mine de réfléchir.

Si son nom disait quelque chose à Serenity, cette dernière ne l'avait pas vraiment montré, ce qui était au moins la preuve qu'elle ne se méfiait pas vraiment d'une ancienne pirate. Mary espérait que tout le monde serait aussi peu méfiant dans le village.. S'il y avait quelqu'un qui l'avait rencontrée depuis la Grande Resurrection, il y avait peu de chances qu'elle s'intègre facilement.. Tant que tout le monde pensait que sa barbarie et ses méfaits étaient loin derrière elle, elle serait tranquille. De toute façon, s'ils la laissaient construire son bateau tranquillement, ils n'auraient rien à craindre. Elle était capable de beaucoup de patience quand il le fallait. Après tout, sa vie n'avait pas toujours été exactement ce qu'elle aurait voulu, avant qu'elle ne rencontre Anne, et elle s'était toujours adaptée. Même lors de sa Resurrection dans ce nouveau monde, elle avait accepté de ne pas tout de suite vivre comme elle le voulait vraiment.. Il n'y avait que quand Dick était arrivé qu'elle avait repris une vie qui lui convenait. Oui, elle était capable de beaucoup de patience.. Elle était même capable de passer relativement innaperçu, de donner l'impression d'être complètement innoffensive tant qu'elle en aurait besoin.

Elle allait ajouter une question quand les Champignons crépitèrent, se recouvrant de grandes flammes bleues. Le bruit, aussi assourdissant qu'un coup de tonnerre très proche, se répercuta dans toute la vallée du Fleuve. Mary ne broncha pas, ne se couvrit pas les oreilles alors que le bruit était vraiment insupportable. Elle n'avait pas pour habitude de montrer sa faiblesse devant les gens, même pas quand c'était une faiblesse tout à fait normale. Quand les flammes disparurent, Mary alla jusqu'à sa gamelle et la récupéra. Elle ne l'ouvrit pas et expliqua à Serenity :

"J'aimerais être arrivée au Village avant de petit-déjeuner.. A moins que tu n'aies prévu de manger avant de marcher?"

Elle n'était pas habituée à recevoir des ordres mais elle était capable de bonne volonté quand les gens étaient sympathiques avec elle.. et quand ils pouvaient lui servir. Cette Serenity était sûrement quelqu'un de bien implanté dans le village pour qu'on lui demande d'accueillir une nouvelle rescussitée.. Et elle devait être du genre à bien se débrouiller, pour qu'on la laisse y aller seule. Mary était certaine qu'en se liant à elle, elle pourrait savoir ce dont elle avait besoin. Mais il n'était pas encore temps de questionner la jeune femme plus avant sur le village.. Ca paraîtrait un peu suspect de poser des tas de questions techniques et "politiques" juste après s'être réveillée. Il fallait que la conversation s'oriente naturellement.. Que Serenity lui demande, par exemple, si elle avait des questions.. Ce genre de choses qu'on demandait en général aux nouveaux.
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MessageSujet: Re: The Show Must Go On   The Show Must Go On Icon_minitimeSam 9 Juin - 9:10

Mary voulait passer par la forêt pour rejoindre le village, ce qui était plutôt inhabituel pour les Ressuscités. Ils étaient généralement toujours sous le choc de leur récente mort et refusait de s’aventurer dans les bois, par crainte des animaux sauvages et de l’obscurité qui régnait sous les frondaisons. Ils décidaient donc de longer le Fleuve jusqu’au village, et Serenity les accompagnait, dédaignant la forêt qu’elle aimait tant. Elle aimait la plage bien sûr, mais elle s'en lassait vite, s'ennuyait de toujours voir défiler sous ses pieds des galets identiques et de retrouver tous les cinquante mètres ces mêmes champignons métalliques que rien ne distinguaient l'un de l'autre. Alors que sous le couvert des arbres, tout changeait d’un jour sur l’autre. Lorsque l’on revenait au lendemain d’une promenade en forêt par exemple, on se retrouvait dans un lieu totalement différent. Les arbres n’avaient pas bougé bien sûr, et les buttes que l’on pouvait trouver se dressaient encore au même endroit. C’est tout ce qui donnait vie à ce paysage la veille qui avait été remplacé : les sons étaient différents, de nouvelles bêtes peuplaient les lieux, des senteurs inconnues emplissaient l’air. En un mot, cette forêt était vivante. Quoiqu’il en soit, Serenity se réjouissait à l’idée de rentrer au village en la traversant, chose si rare lorsqu’elle guidait les Ressuscités. En règle générale, peu nombreux étaient ceux qui aimaient la forêt pour ce qu’elle était et non pour ce qu’elle pouvait offrir.

Serenity n’était d’ailleurs pas sûre de savoir dans quelle catégorie placer la pirate. Si la jeune femme avait bien remarqué le regard que son interlocutrice avait lancé en direction de la forêt, elle n’avait en revanche pas réussi à déterminer si il s’agissait d’admiration ou d’intérêt. Et le fait qu’elle ait demandé à passer par la forêt renforçait ces deux hypothèses à la fois. Mais le crépitement assourdissant des champignons métalliques retentit et le cours de ses pensées en fut interrompu. La jeune femme avait entendu maintes et maintes fois ce crépitement si désagréable à entendre et s’y était plus ou moins habituée avec le temps. Bien sûr, ce bruit lui était toujours aussi déplaisant, et elle se couvrit les oreilles pour l’atténuer, sans dire mot toutefois – ou du moins, si un son était sorti de sa bouche, il avait été noyé dans le vacarme que provoquaient les champignons. Et même lorsque les flammes et le bruit disparurent, Serenity ne put reprendre le fil de ses pensées car la pirate venait de lui poser une question. Elle renvoya ses pensées d’où elles venaient pour répondre à Mary. Après tout, ce n’était pas d’une importance capitale de savoir ce qui l’attirait tant dans cette forêt.

"Non. Le village est pas loin, autant y aller maintenant."

Et pour illustrer ses paroles, Serenity se dirigea vers la forêt, et, après avoir écarté quelques branches qui gênaient, y pénétra. Elle fit quelques pas dans la direction de ce village dans lequel la pirate croyait la jeune femme si bien installée. Mais elle n’était pas aussi bien implantée dans le village que le pensait la pirate. Elle était pourtant appréciée de tout le monde à première vue, en tout cas personne ne la haïssait, mais elle n’avait aucun vrai ami. Quelqu’un sur qui elle savait qu’elle pourrait compter quelques soient les circonstances, quelqu’un qui la soutiendrait dans les moments difficiles. Si elle n’avait pas de mal à s’ouvrir aux gens, se lier à eux étaient beaucoup plus complexe. Elle n’arrivait pas à s’attacher aux gens et se contentait d’entretenir des relations plus courtoises qu’amicales avec ses voisins. Elle en était consciente bien sûr, et savait aussi que cela venait de l’abandon de sa famille et de ses amis lorsqu’elle leur avait annoncé qu’elle était enceinte. Ce qui l’agaçait encore plus. Elle ne pouvait se résigner à l’idée que sa vie d’avant la Grande Résurrection puisse lui causer tous ces problèmes de confiance maintenant qu’elle était morte. Toutefois, elle connaissait pas mal de monde, rendait beaucoup de services, et Mary avait raison de penser que Serenity pouvait lui être utile. Tant par ses relations que ses connaissances. D’ailleurs, elle expliquait déjà à la pirate comment se repérer dans les bois.

"La forêt n’est pas vraiment dangereuse. Il y a quelques bêtes sauvages dans le coin, mais très peu. Et comme notre forgeron n’a pas le droit de nous fabriquer des armes, on doit se contenter des bâtons qui traînent par terre. Cela suffit pour faire fuir les animaux. Non, le vrai danger c’est de se perdre. Ce bois est immense et doit s’étendre sur pas mal d’hectares et c’est pas toujours facile de s’orienter. Mais si tu te rappelles qu’il suffit de descendre pour déboucher sur la plage, t’auras aucun problème de ce côté-là."

Serenity marqua une courte pause pour retrouver son souffle.

"Je pense que ça c’est l’une des plus importantes choses à connaître. Mais si tu veux savoir quelque chose d’autre, n’hésite pas."
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Constance
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MessageSujet: Re: The Show Must Go On   The Show Must Go On Icon_minitimeDim 24 Juin - 12:20

Il y avait plein de choses que Constance aimait dans les forêts. Dans cette forêt comme dans la précédente, mais peut-être qu'il ne s'agissait que de la même, immense, incommensurable... Ou peut-être que ses souvenirs se fondaient dans l'habitude et que tous les jours, les sous-bois qu'elle arpentait au lever du soleil empliétaient un peu, dans son esprit, sur l'image de ceux qu'elle avait connus avant. Même si elle était seule, à présent, même s'il n'y avait plus que le murmure du vent, le bruissement des feuilles sous ses pas, presque dansants parfois, et sa propre voix fredonnant les airs qui avaient bercé son enfance. Ah... Le grand Mozart ! Si grand après sa mort que même ici, les gens connaissaient ces mélodies. Dire qu'eux, ils avaient vécu dans la misère, que Mère avait dû travailler dur pour leur offrir toit et nourriture... Dire qu'elle n'avait jamais été auprès d'eux... Pas même ce jour-là... Est-ce qu'ils étaient ici, quelque part, eux aussi ? Parfois elle espérait que oui, d'autres fois, elle se disait qu'elle préférerait ne pas les revoir. Ses parents, ceux qui l'avaient aimés, qui avaient été là pour elle, c'étaient Enora et Jeremy. Et ils étaient sans doute quelque part au bord de ce fleuve, mais sans doute trop loin pour la retrouver. Il y avait eus tellement de contrées avant qu'elle ne les rencontrent, qui laissaient un souvenir diffus et douloureux dans sa mémoire. Son éternel sourire était retombé un instant comme elle songeait à tout cela, et elle reprit un air de Cosi Fan Tutte, gai et juvénile pour se changer les idées. Sa voix résonnait, plus forte que précédemment, toujours cristalline, sous la voûte des arbres, tandis qu'elle ramassait du petit bois pour le feu.

Et bientôt, elle entendit des bruits de pas, des voix. Quelqu'un approchait. Quelqu'un du village, sans doute, à qui elle offrirait un de ses jolis sourires, une chansonnette ou un pas de danse... Elle s'approchait, fredonnant toujours son air joyeux, presque impertinent, mais se figea lorsque les deux silhouettes apparurent à ses yeux. Une jeune femme du village se tenait devant elle, accompagnée d'un visage qu'elle n'était pas prête d'oublier. Un instant, elle pâlit, son sourire avait déserté son minois d'ordinaire si pétillant, et puis, bien vite, elle s'était reprise, avait repris sa chanson comme si de rien n'était, sautillant presque.

- Dèe in un momento dar retta a cento, colle pupille parlar con mille. Dar speme a tutti, sien belli o brutti, saper nascondersi senza confondersi. Senza arrossire saper mentire, saper mentire...

Elle termina sur une étrange révérence, puis arrêta son regard sur le panier que portait Serenity. D'habitude, elle revenait plutôt avec des enfants, pourquoi avait-il fallu que ce soit elle ? Est-ce qu'elle revenait piller son village ? Non, elle aurait tué sans pitié la villageoise au panier de fruits... En même temps, elle ne pouvait pas lui faire confiance, et restait à bonne distance des deux jeunes femmes. Mais elle n'avait jamais été très proche de qui que ce soit, ça n'avait rien de surprenant finalement.

- Enchantée, mesdames, commença-t-elle comme si elle n'avait jamais rencontré ni l'une, ni l'autre. C'est donc jour de cueillette aujourd'hui ?

Elle jeta un regard perplexe à son propre panier rempli de brindilles, puis sourit de nouveau aux deux arrivantes.

- Il y a un roncier plein de mûres et aussi des myrtilles par là-bas. Et je crois bien aussi qu'on aura des framboises à l'entrée du village, mais elle ne sont pas encore mûres...

Un rire cristallin s'échappa de sa gorge, sans doute motivé par l'emploi doublé du terme "mûres" ou par quelque association d'idée qui traversait son esprit. A moins que ce ne fut une partie de la comédie qu'elle jouait depuis plusieurs années ?
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MessageSujet: Re: The Show Must Go On   The Show Must Go On Icon_minitimeMer 27 Juin - 10:28

Mais la pirate n'eut pas le temps de se décharger de cette foule de questions qui ne manquait jamais d'assaillir l'esprit des nouveaux venus. En effet, les deux jeunes femmes pouvaient désormais clairement entendre une autre voix s'élever sous les frondaisons. Et même si Serenity ne connaissait pas personnellement Constance, il ne lui était pas difficile de se rendre compte que cette voix cristalline lui appartenait. Il faut dire qu'au village, les gens ne chantaient que rarement de l'opéra, et encore moins en solitaire dans la forêt. Peu de villageois à vrai dire, osaient y pénétrer, surtout seuls et à une heure si matinale. Et généralement, ceux qui s'aventuraient dans les bois venaient couper des arbres ou ramasser les baies et tâchaient de rester sous le couvert des arbres le moins longtemps possible. Serenity au contraire, se débrouillait pour y passer le plus clair de son temps, en prenant la place de ceux qui rechignaient à y aller par exemple, et en marchant le plus lentement possible pour profiter de ce temps passé en compagnie des arbres.

Cependant, Serenity marchait rapidement aujourd'hui, et son pas s'était encore accéléré lorsque les premières notes de Cosi Fan Tutte lui étaient parvenues. Elle avait beau aimer les plantes, rien ne remplaçait le contact humain, et Constance était quelqu'un sui semblait plutôt sympathique. Et d'ailleurs, ce serait l'occasion pour Mary de faire de nouvelles rencontres. Sauf que la pirate ne semblait pas si inconnue que ça à Constance, dont le sourire s'était brusquemment effacé à la vue de cette dernière. Bien sûr, il n'avait déserté le visage de la jeune fille que l'espace de quelques secondes, et était rapidement revenu illuminer son joli minois. Mais tout de même... Il s'était bel et bien évanoui, pendant quelques fractions de secondes certes, et Serenity ne pouvait s'empêcher de penser que la pirate en était la cause.

Quoiqu'il en soit, la jeune fille avait reprit et terminé sa chanson, comme si de rien n'était, faisant douter Serenity de plus en plus sur la véracité de ce qu'elle avait vu - après tout, qui pouvait savoir ce qui passait par la tête de Constance ? Et après sa révérence, qui avait fait naître un sourire sur les lèvres de Serenity, elle leur adressa la parole.

"Nous avons tous les fruits qu'il nous faut, merci. De toute façon, aujourd'hui n'est pas jour de cueillette. Je dois accompagner cette dame au village. Elle vient de réssusciter et le conseil m'a demandé d'aller l'accueillir."
lui répondit-elle.

La jeune femme marqua une courte pause, cherchant à déterminer si il était nécéssaire ou pas de faire les présentations.

"Constance, voici Mary Read." ajouta t-elle finalement.
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MessageSujet: Re: The Show Must Go On   The Show Must Go On Icon_minitime

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